vendredi 27 janvier 2012

La gargote Thiama : le meilleur tieb' de Bamako ?

Il y a de nombreuses gargotes sénégalaises à Bamako, surtout à Ouolofobougou évidemment, mais en fait dans tous les quartiers commerçants. La gargote Thiama, au quartier du fleuve, est une institution du quartier : son excellent tieboudienne - mais pas seulement - attire une foule d'habitués et de gourmands de passage. 


A la gargote Thiama, on ne badine pas avec l'efficacité et le temps des clients : quand le service démarre, vers les 13 heures, la valse des assiettes commence et rien ne saurait l'arrêter. Les clients assis dans la coquette salle de restaurant se voient servir rapidement leur assiette, colorée de quelques morceaux de ciboulette, et ceux qui attendent leur tieb à emporter ne gardent pas leur gamelle vide longtemps.


Et si le restaurant ne désemplit pas, c'est pour une bonne raison : le tieboudienne, principale spécialité de la maison, servie tous les jours, est délicieux. L'assiette est belle, bien présentée et appétissante. Le riz est bien parfumé et parfaitement cuit, les légumes également, et le poisson est bon, pour un thieb de cette gamme de prix.

Et les quantités sont plus que généreuses. L'après-midi pourrait bien s'en trouver fortement ralentie...


D'autres plats, qui varient suivant les jours, sont proposés. J'ai goûté au riz sauce arachide : la sauce est excellente, bien épaisse et goûteuse. Cela change de celle que l'on trouve trop souvent à Bamako, bien trop claire.


Les prix sont imbattables : 1000 F le plat, 100 F le gingembre ou le bissap. Il est possible de prendre son repas à emporter, à condition de venir avec un plat.

La gargote Thiama est un rendez-vous idéal pour un déjeuner rapide au quartier du fleuve.

Un peu d'histoire... Le quartier de Ouolofobougou ("le quartier des Wolof") existe depuis les années 1920. Le train de Dakar arrivant non loin de là, de nombreux sénégalais se sont installés et ont ouvert un commerce dans le quartier. Aujourd'hui encore, une forte communauté d'origine sénégalaise y réside, de même que dans le quartier voisin de Dravéla, et de nombreux restaurants qui y servent le tieb.

La gargote Thiama est sitée au quartier du fleuve : prendre l'avenue de l'Yser (le goudron du CMS), la gargote se situe au bord du goudron, à mi-chemin entre la latérite du Sukhothaï/Abissinia/Café du Fleuve et celle du Bafing. 
Budget : 

mardi 17 janvier 2012

La Rose des sables : escale de l'autre côté du Sahara

Située sur la route de Koulikoro, aux abords de l'ambassade de Chine, la Rose des sables sert, dans un décor plein de charme, une cuisine marocaine parfumée et savoureuse. Enfourchez votre tapis volant pour un dépaysement garanti...


Casting : 

- un décor plein d'élégance et de charme
- un univers culinaire - celui du Maroc - rare à Bamako
- deux patrons dont la personnalité généreuse donne du sens au restaurant

Synopsis :

Une fois le casting réuni et le décor en place, on passe à la commande.

La carte propose des entrées orientales assez classiques, dont des mini bricks au fromage que l'on peut grignoter à deux. En plat principal, vous trouverez des tajines (aux poires, aux pruneaux...), plusieurs couscous (dont un végétarien), et un méchoui.

Pour ma part j'ai goûté le tajine kefta à l'oeuf, mon plat marocain préféré depuis mon dernier voyage à Casa. Il est bon, il est goûteux, les saveurs sont équilibrées.

J'ai aussi essayé le couscous royal, et je n'ai pas été déçue non plus. La viande (mouton, boeuf, merguez) était très bonne, tendre, cuite comme il faut. J'ai eu la surprise de découvrir des morceaux de courge dans les légumes, et c'était délicieux. Un seul petit bémol : bien qu'excellent, il pourrait être servi en plus grande quantité... J'ai certes un bon voire très bon coup de fourchette, mais si je n'avais pas été accompagnée de quelqu'un qui a un appétit d'oiseau-façon et qui a accepté de partager son assiette, je serais restée sur ma faim.

Au niveau du service, RAS : les serveuses sont professionnelles, l'accueil est irréprochable.

A noter qu'un bar très sympa vous accueille également pour prendre un verre en attendant votre plat, ou pour prendre un verre tout court.

Epilogue :

Les convives sont conquis et se pâment.


Attention, c'est du lourd : du classe, du bon, du précis, du pro. On ne va pas à la Rose des sables pour y trouver une cuisine et un service d'amateurs, mais plutôt pour s'offrir une belle parenthèse orientale. 

La Rose des sables est située Route de Koulikoro, juste à côté de l'ambassade de Chine. Tél. : 20 21 04 04 ou 73 09 46 36. Fermé le dimanche. 
Budget : 

lundi 16 janvier 2012

10 000 !

Le blog atteint aujourd'hui les 10 000 visites, en sept mois d'existence. Quel succès ! Un grand merci pour vos commentaires, e-mails, avis, critiques, encouragements, bonnes adresses... Il est important que le fonctionnement du blog reste interactif.

Mon objectif pour 2012, c'est de vous faire découvrir davantage d'adresses mé- ou inconnues... Et je suis sûre qu'il existe plein de trésors cachés dans tous les quartiers de la ville.

En tous cas, c'est promis, je vais essayer d'indiquer plus d'informations pratiques sur les restaurants (jours d'ouverture, n° de téléphone etc.), ce que vous êtes nombreux à m'avoir demandé.

J'en profite pour vous faire part d'une grande et bonne nouvelle : la soupe de fraises est de retour au Sukhothaï ! Les fraises sont encore petites, mais elles sont goûteuses, et leur histoire d'amour avec la sauce au chocolat blanc et le copeau de chocolat noir (belge, s'il vous plaît) fonctionne toujours aussi bien.

Bon appétit !

dimanche 15 janvier 2012

Voyage en Italie : Da Guido

ll n'y a pas grand chose à redire sur Da Guido, LE restaurant italien de Bamako. Avec son ambiance calme et chaleureuse et sa cuisine savoureuse et régulière, c'est une valeur sûre... 



Update du 02 novembre 2012 : Da Guido a déménagé à ACI 2000. Bientôt un post sur la nouvelle adresse...

Qui a déjà séjourné à Naples ne mangera plus jamais de pizzas de la même manière. On vous y jette quelques morceaux de mozzarella écrasés à la main sur une pâte fine recouverte d'un coulis de tomates fraîchement préparé, on y ajoute quelques feuilles de basilic pour la couleur, et hop ! Un soupçon d'huile d'olive, quelques minutes au four, et c'est prêt.

Sachez qu'après cela, votre vie ne sera plus qu'une quête souvent déçue, à la recherche de la "promesse de Naples", pour paraphraser Romain Gary.

"Jamais plus, jamais plus, jamais plus. Des bras adorables se referment autour de votre cou et des lèvres très douces vous parlent d'amour, mais vous êtes au courant. Vous êtes passé à la source très tôt et vous avez tout bu. Lorsque la soif vous reprend, vous avez beau vous jeter de tous côtés, il n'y a plus de puits, il n'y a que des mirages". Je sais, je m'égare, mais La promesse de l'aube est mon livre préféré, et j'avais envie d'en parler.

Bref, dans ma quête de la meilleure pizza de Bamako, ma route a croisé le Da Guido. Et j'y ai posé mon sac...

Nous ne sommes pas exactement à Naples, mais malgré la difficulté à trouver tous les ingrédients qu'il faut à Bamako, pour peu que l'on demande à Guido, le chef italien, une pâte fine et l'utilisation de la mozzarella, le résultat est tout à fait honorable.

Et le Da Guido ne sert pas que des pizzas : viandes, poissons, pâtes, petites entrées sympathiques, tiramisu... La carte est bien fournie et de qualité régulière.

Le tout est servi, de manière très professionnelle, dans un décor simple mais très agréable : une jolie salle, et une cour aménagée à la manière d'un petit restaurant napolitain, avec de la verdure, de la fraîcheur, et un aménagement des tables qui garantit à chacun son intimité. L'ambiance est plutôt calme : Da Guido est à éviter pour les repas en groupe qui risquent d'être trop bruyants.



Ma seule réserve concerne le dosage des sauces, notamment dans les salades et dans les pâtes. Il y en a souvent trop, et cela peut rendre le plat écoeurant, surtout quand il s'agit de sauces à base de crème fraîche.

Il faudrait revenir à l'usage italien en la matière, qui consiste à donner la primauté au produit : les pâtes, la tomate, le basilic, le fromage... La sauce n'étant là que pour sublimer celui-ci.

Bon à savoir : le jour de fermeture du Da Guido, le jeudi, le savoir de Guido s'exporte au Relais Bamako Plage, à Torokorobougou, qui propose alors des pizzas d'une qualité équivalente.

Da Guido est situé à Hippodrome. Remontez la rue du Blabla, entrez dans la latérite qui la prolonge, et tournez au 2ème carré à droite (panneau). Le restaurant est situé 150 m plus loin sur la droite. Tél. : 66 79 01 35 (possibilité de livraison à domicile). Fermé le jeudi. 

Budget : 

dimanche 8 janvier 2012

L'Abissinia

Les travaux duraient depuis plusieurs mois, les rumeurs et démentis couraient sur la date d'ouverture... Enfin ! Le fameux restaurant éthiopien du quartier du fleuve, dont je vous avais parlé ici, est désormais ouvert. Un endroit à tester et à suivre... 



Malgré plusieurs repas pris à l'Abissinia, j'ai hésité à écrire un billet dès maintenant : le restaurant est ouvert depuis seulement un peu plus de 15 jours, et certains aspects (fluidité du service notamment) sont encore en rodage. Cependant, devant l'impatience de certains de mes lecteurs (que pourrais-je te refuser, à toi, public ?), j'ai résolu d'écrire quelques mots, qui doivent être lus en gardant à l'esprit qu'il s'agit d'un endroit nouveau, et une cuisine jusqu'ici quasiment absente des restaurants de Bamako, donc entièrement nouvelle pour le personnel.

Ces précautions préliminaires exposées, entrons dans le restaurant.

La première vraie réussite de l'Abissinia, c'est son décor, d'un charme éblouissant, notamment le soir. L'entrée, qui attirait l'oeil des passants impatients depuis plusieurs semaines depuis la rue, ouvre sur un patio qui abrite des tables et plusieurs salons. Le centre du patio accueille un brasero, accessoire indispensable à la cérémonie du café, sur les braises duquel sont jetés des herbes et de l'encens. Les éclairages sont doux et indirects.


A l'intérieur, l'éblouissement continue. Malheureusement, l'unique photo que j'ai prise ne reflète pas bien l'originalité et le raffinement de la décoration, dont le point d'orgue est une superbe table dont le pied est fait d'une grande et belle souche d'arbre.


A la carte, une surprise : finalement, chacune des versions qui circulaient sur la nature de la cuisine qui serait servie dans ce restaurant avait sa part de vérité, puisque c'est à la fois de la cuisine éthiopienne et des spécialités espagnoles que l'on peut déguster à l'Abissinia. Association qui peut paraître inattendue, liée à l'histoire du jeune couple qui a créé l'établissement.

Ainsi, en entrée ou à partager à titre de tapas, du fromage espagnol (fort bon), du jambon ibérique, de la tortilla... En plat principal, outre les plats traditionnels éthiopiens, le restaurant propose, le mardi et le vendredi, une paella.

A côté de ces spécialités, on trouve des plats plus classiques, tels qu'un filet de capitaine ou des pâtes.

Au final, la carte est donc relativement fournie et bien équilibrée. Chacun devrait y trouver son compte.

Côté service, on sent une vraie exigence, et les serveurs "seniors" forment les plus jeunes à un service de tradition européenne. En revanche, l'attente est longue, et le service manque de fluidité et de naturel, mais on espère que cela se résoudra avec le temps.

Maintenant, le coeur du sujet : l'assiette.

Et l'assiette, en gastronomie éthiopienne, se mange : il s'agit de la fameuse injera, faite de farine de teff (millet) fermentée. Traditionnellement, plusieurs mets sont disposés sur cette galette, dont on découpe des morceaux à la main pour saisir les morceaux de viande ou de légumes.


Très souvent, les restaurants éthiopiens proposent de grandes injeras que l'on partage à plusieurs, mais à l'Abissinia, les injeras sont individuelles, ce que je trouve dommage, car la convivialité n'est pas la même... Ce serait bien d'avoir le choix. Une suggestion à faire aux patrons ? 

Les plats eux-mêmes sont servis dans des récipients en terre individuels, dont certains intègrent un mini-brasero. L'idéal est d'en commander plusieurs, avec un assortiment de légumes, et de partager. 



Verdict ? Certains plats de viande fricassée (gored gored, zil zil tibs), quoique bien préparés, ont des saveurs très classiques et ne sont pas réellement remarquables, au contraire des plats en sauce, qui sont délicieux. La sauce, souvent relevée, imprègne l'injera, ce qui décuple son potentiel gustatif... 

Le misir be siga (viande de boeuf dans une sauce aux lentilles), en particulier, vaut le détour, mais le dorowoot (poulet en sauce aux oignons) se défend bien également.  

A noter que la carte propose également des vins de terroir espagnol, peu connus mais de qualité.  

En conclusion, bien qu'encore en cours de mise au point pour cause d'ouverture très récente, l'Abissinia propose un cadre raffiné, et une cuisine de qualité et rare à Bamako, qui donnent envie de l'essayer et de le réessayer et de suivre son évolution dans les prochains mois. 

L'Abissinia est situé au quartier du fleuve, dans la même latérite que le Café du fleuve et le Sukhothaï, juste à côté de celui-ci. Tél. : 20 22 05 70. Fermé le lundi.
Budget : 

lundi 19 décembre 2011

Repos et sac

Ce blog fait relâche jusqu'à fin décembre. A très bientôt pour de nouvelles aventures culinaires. Articles en cours de maturation : Da Guido, Blabla, Badalodge, et quelques découvertes. Et deux posts qui demandent un gros boulot : le fameux "comparatif pizzas", tant attendu, et un petit "où manger le dimanche soir ?".

Info en primeur, on me souffle à l'oreillette que le fameux restaurant éthiopien dont je vous avais parlé ici ouvrira ses portes dans quelques jours... Il s'appellera l'Abissinia. Mais chut ! On en reparle à la fin du mois, ou au plus tard début janvier. 

Pour vous aider à patienter, et au cas où vous chercheriez quelques idées de recettes pour les agapes qui se préparent, voici quelques liens vers des blogs culinaires sympa et appétissants :

Beau à la louche
So food so good
Food intelligence
La marmite de Gaston
C du beau !
Very easy kitchen

De belles photos, des textes souvent pleins d'humour, et des recettes qui changeront du tournedos Rossini et de la bûche glacée...

Bon appétit, et joyeux Noël à tous !

mardi 13 décembre 2011

Les petits pains de Siby

A Bamako, la plupart des baguettes que l'on trouve sont de facture industrielle, avec une mie aérée et une croûte trop fine qui laisse le pain sécher en quelques heures. Rien ne vaut un bon petit pain de brousse, avec un goût authentique et une durée de conservation bien plus longue. La boulangerie de Siby en propose d'excellents. 


Comment reconnaît-on une boulangerie en brousse ? Pas à l'écriteau, en général absent, mais au tas de bois qui attend la prochaine fournée devant la boutique.

Voici la boulangerie de Siby : à droite, la pièce où le pain est pétri (de manière artisanale, à la main, évidemment), et à gauche derrière les seckos, le four.


Pour la trouver, c'est facile, il faut entrer dans le bourg de Siby, et tourner à gauche juste après le marché, à cet endroit : 


Quand on arrive à Siby en milieu de journée, tout ou presque est en général déjà vendu. Mais le boulanger en prépare toujours une fournée dans l'après-midi, prête vers les 15-16 heures. Vous pouvez passer commande à l'avance, et récupérer votre pain tiède en redescendant de l'arche ou de la cascade. C'est aussi l'occasion de bavarder avec le maître des lieux et de visiter son domaine. 


Pour ma part, je ramène toujours au moins une dizaine de baguettes sur Bamako. Elles se congèlent très bien. 

Ces petits pains sont excellents tièdes au sortir du four, mais aussi grillés au petit déjeuner. La mie est ferme et bien tassée, la croûte légèrement craquante (elle pourrait l'être un peu plus)... Un vrai bon pain de brousse comme on les aime. 

La petite baguette est à 100 FCFA, la grande à 200. 

Pour trouver la boulangerie de Siby, prendre à gauche au panneau "campement Dodaba", après le marché et avant le centre des guides. La boulangerie se situe environ 100 m plus loin sur la gauche dans cette latérite. 
Budget : 

lundi 12 décembre 2011

Chawarma-party au Rayan

Soyons brefs mais efficaces : le Rayan propose, à ma connaissance, les meilleurs chawarmas de Bamako. Une adresse à avoir en tête pour un en-cas rapide, une faim de fin de soirée, bref, pour toutes les situations où vous auriez pu fréquenter la chaîne de hamburgers à l'affreux clown si elle était implantée au Mali. Sauf que le Rayan est meilleur, bien meilleur. 


Implanté au bord de la route de Koulikoro, le Rayan ne paye vraiment pas de mine : écriteau criard, éclairage blafard digne d'une charcuterie de campagne... Quelques détails amusants redonnent cependant le sourire, notamment l'étonnante faïence murale dans les tons rose et rouge (il fallait oser), et les fantastiques petits animaux distributeurs de cure-dents.

A la carte, diverses salades, des mets libanais, et les chawarmas. Mention spéciale pour les "brocettes" de poulet et la salade de boucher (pauvre gars !).


Si vous choisissez quelques plats libanais à partager avant d'entrer dans le vif du sujet (hoummous par exemple), ils vous seront servis rapidement, avec une quantité de pain généreuse, et ils seront ou devraient être bons.

Maintenant, le chawarma, qui est vraiment le point fort du Rayan. Je ne pourrai parler que du chawarma poulet, le seul que j'aie goûté.

D'abord, il y a le poulet, de beaux morceaux, pas une portion maigrichonne de poulet bicyclette. Ensuite, le vrai plus, c'est que ce brave poulet est servi dans une sauce à la composition encore non déterminée, mais fondante et délicieuse, qui se marie fort bien avec l'oignon et les quelques frites présentes dans le sandwich. C'est un régal.

Côté boissons, la maison ne sert pas d'alcool, mais propose les sucreries habituelles et une sélection de jus.

En résumé, le Rayan est un restaurant rapide sans prétention mais qui connaît son métier et qui constitue un point d'étape fiable au coeur des lieux de fête animés de la route de Koulikoro. D'ailleurs, le "public" ne s'y trompe pas : il y a toujours du passage, même en semaine.

Le Rayan est situé au bord de la route de Koulikoro, près de chez Azar et du marchand de glaces "Ice cream".
Budget : 

jeudi 8 décembre 2011

Un dimanche à Kangaba

Quand vous dites à un bamakois que vous allez à Kangaba, il vous imagine au pays des griots et des chercheurs d'or, aux confins de la Guinée. Ce post ne concerne pas cette capitale mystique du Mandé, où fut par ailleurs édictée la célèbre charte de Kurukan Fuga, mais le campement qui porte le même nom, à la sortie de Bamako sur la route de Ségou.



A quelques minutes du 3ème pont, et après quelques kilomètres de piste entre les collines, le campement Kangaba, avec ses bougainvilliers, ses arbres et ses tonnelles, vous tend les bras pour vous ressourcer après une semaine ou davantage dans la pollution de la ville. Il s'agit d'un magnifique domaine arboré comprenant un atelier de confection d'instruments de musiques, une (très belle) boutique, un atelier de mobilier, un petit parcours de randonnée sur la colline, des terrains et équipements de sport (volley, foot, kayak), des cases pour y dormir, et, pour ce qui nous concerne plus directement, un bar-restaurant.

Quelques mots sur le cadre, qui constitue en réalité le principal atout du campement : en trois syllabes, je dirais qu'il est tout simplement ma-gni-fique.

Les matériaux utilisés sont naturels : coton brut, bois magnifiquement travaillé et ciré. Une petite touche de fun, dont l'effet est particulièrement réussi en nocturne : les éclairages sont réalisés à partir de ces bassines en plastique multicolore que l'on trouve partout à Bamako. Les cases sont très belles, bien pensées et bien entretenues.

Et je ne saurais achever ces quelques mots sur la déco sans évoquer la piscine, qui n'est pas la plus grande, mais sans aucun doute une des plus belles de Bamako.

L'ensemble est très réussi : malgré l'aridité du site, la combinaison des plantations et du décor rend le campement très chaleureux et très agréable. A quelques minutes seulement de Bamako (30 mn de Niaréla avec le 3è pont, testé pour vous !), il constitue une halte reposante en dehors de la ville.




Maintenant, l'assiette. Car après une bonne rando dans les collines ou une descente en kayak, le sportif du dimanche a faim. 

Les premières fois que j'ai mangé sur place, c'était à l'occasion des célèbres "24 heures de Kangaba", une nuit entière de musique live et de mix, évènement organisé régulièrement au campement. A vrai dire, ces premières expériences ne m'ont pas convaincue : des brochettes de boeuf un peu maigres et trop cuites, accompagnées de frites en petite quantité. Heureusement que la musique et l'ambiance étaient bonnes. 

Mais les expériences suivantes, dominicales cette fois-ci, m'ont conduite à réviser mon jugement. 

Le campement Kangaba propose un menu du jour, ainsi que divers plats classiques (brochettes, grillades...), le tout servi dans des assiettes en terre cuite qui correspondent bien au style de l'établissement. 

Bon, je ne ferais pas le déplacement pour la nourriture (j'ai déjà dit tout le bien que je pensais du cadre), mais ce qui est servi est en général de qualité honnête, et toujours bien frais. Les brochettes sont moins cuites de jour que de nuit, les quantités plus généreuses. Quelques plats ressemblent plus à des essais culinaires qu'à des recettes abouties (notamment le boeuf tikka, ci-dessous à gauche), mais cela reste bon. 


Le service est sympathique. Par contre, il faut bien avouer qu'il manque un peu d'attention pour les clients. Vous pouvez parfois être face à 4 personnes derrière le bar, qui parlent entre elles et manipulent des tickets, sans recevoir pendant plusieurs minutes un seul coup d'oeil vers vos gestes en sémaphore. Sans compter, les soirs de "24h", les interminables histoires de boissons à payer maintenant ou plus tard, et de noms qu'on ne retrouve plus à la caisse au bout de deux tournées. La caisse semble constituer un goulot d'étranglement mal organisé qui nuit à la fluidité du service. 

A noter : le vrai plus de la maison côté papilles, c'est la cave : creusée sous terre et climatisée, elle contient des vins importés dans de bonnes conditions qui en général ne déçoivent pas. Allez y jeter un coup d'oeil ! 

Les cocktails sont bons également (ti-punch, mojito...). 

En résumé, le campement Kangaba propose une cuisine correcte et fraîche, une cave très sympathique, et constitue, surtout, un havre de dépaysement et de calme à quelques minutes du centre ville. Idéal pour un dimanche ou un week-end pour souffler sans prendre la route.

Pour achever en beauté un dimanche de repos à Kangaba, ne rentrez pas par la route de Ségou, mais par la brousse et les rives du canal, dont les abords sont d'une beauté saisissante en fin de journée.

Le campement Kangaba est situé sur la route de Ségou, juste à la sortie de Bamako. Après l'endroit où se termine la 4 voies dotée d'un terre-plein central, prendre la 2è ou 3è piste à gauche (il y a un panneau à droite), puis emprunter la piste pendant quelques km (parcours bien fléché). Tel. : 76 40 30 37
Budget : 

dimanche 27 novembre 2011

Le Savana

De nombreuses villes africaines possèdent un restaurant connu de tous, sans chichis mais bon et de qualité régulière, en plein air, avec toujours du monde, de l'ambiance, et une carte longue comme le bras. Ouaga a le Verdoyant, Niamey le Maquis 2000... A Bamako, nous avons le Savana. 


Le cadre

Moitié en plein air, moitié couvert, le cadre est simple, authentique et chaleureux, avec ses éclairages indirects, ses plantes vertes, ses chaises en peau de zèbre pur coton, et sa vue sur le pizzaiolo. Pas le top du design et de la modernité, mais on s'y sent bien. 

La carte

C'est un des grands atouts de la maison, la carte est très variée. Chacun y trouve son compte, en fonction de ses goûts et de ses moyens : salades, viandes, poissons d'eau douce et d'eau de mer, grillades, pizzas, coupes de glace... 



L'assiette

Je suis loin d'avoir tout testé sur la carte, mais voici le résultat de mes expériences les plus récentes.

L'avant-avant dernière fois, portée par une nostalgie marine, je me suis tournée vers la carte de poissons. Mais je ne suis pas allée jusqu'au bout de ma nostalgie, et j'ai choisi le carpaccio géant de capitaine, dans les délices du fleuve Niger. Malheureusement, j'étais trop affamée pour prendre le temps de le photographier, mais il était bon, très frais, pas vraiment géant mais généreux quand même. Je rechoisirais ce plat volontiers. 

Les autres convives ont choisi la poêlée dieppoise (fort appréciée, avec de bonnes crevettes) (voir photo ci-dessous), des rognons et du foie de veau (apparemment bien cuisinés, parole d'amateurs d'abats). 



Le Savana propose aussi des pizzas, chères, comme un peu partout à Bamako, et pour lesquelles on a le choix entre pâte fine et pâte épaisse. Ce ne sont vraiment pas les meilleures : les ingrédients ont un goût assez insipide, largement noyé sous un fromage qui s'avère être de l'emmental râpé. Même l'huile pimentée est tristoune. 


Il arrive que la maison ait des arrivages de langouste. Dans ce cas, foncez : la langouste est proposée grillée avec une excellente marinade, un régal. 


L'ambiance 

Le service est cool, sympa et efficace malgré le monde. Rien à redire. 

Des concerts sont proposés à 22h en fin de semaine. Les artistes sont de vrais artistes, le son est correct et le volume respectueux des conversations. 

Le Savana brasse beaucoup de monde, des maliens, des expats, des touristes et des gens de passage. Tout ce petit monde constitue un joyeux mélange qui donne à l'endroit une atmosphère unique, qu'on a plaisir à retrouver. 


Le Savana est situé sur la route de Koulikoro, après le Diplomate, sur la gauche en venant du centre-ville. Tél. : 66 71 08 24
Budget :